Secteur minier africain : l’année 2025 sous le signe du rééquilibrage
Afrique minière
12/15/20252 min read


L’année 2025 aura marqué un tournant pour le secteur minier africain. Entre recomposition des portefeuilles des majors, affirmation des souverainetés nationales, hausse des prix des métaux stratégiques et tensions juridiques persistantes, le continent s’est imposé comme un terrain central des équilibres miniers mondiaux.
Des mines d’or d’Afrique de l’Ouest aux métaux critiques d’Afrique centrale, les décisions prises en 2025 traduisent une reconfiguration durable des rapports entre États, industriels et investisseurs internationaux.
Une année dominée par la souveraineté et le droit minier
En Afrique de l’Ouest, plusieurs gouvernements ont poursuivi en 2025 la révision de leurs cadres miniers afin d’augmenter la part de valeur captée localement.
Le Mali a cristallisé ces tensions avec la mise sous administration provisoire du complexe aurifère de Loulo-Gounkoto, opposant l’État à Barrick Mining, dans un litige mêlant fiscalité, gouvernance et contrôle des exportations.
Cette dynamique n’est pas isolée : la Guinée, le Burkina Faso et le Niger ont eux aussi confirmé leur volonté de renforcer le contrôle public sur les actifs miniers, tout en cherchant à préserver l’attractivité du secteur.
L’or, valeur refuge et moteur de croissance
En 2025, l’or s’est imposé comme le principal moteur financier du secteur minier africain.
La hausse soutenue des cours a permis à plusieurs producteurs d’afficher des résultats records, à l’image de Gold Fields, dont les bénéfices ont fortement progressé, entraînant une augmentation des dividendes.
Parallèlement, des projets structurants ont franchi des étapes clés, comme à Kiniéro (Guinée), où Robex a réalisé sa première coulée d’or, confirmant l’entrée du site dans une phase industrielle.
Recomposition des acteurs et montée en puissance asiatique
L’année 2025 a également été marquée par une redistribution des actifs miniers africains.
Des groupes occidentaux ont procédé à des arbitrages stratégiques, tandis que des acteurs asiatiques, notamment chinois, ont renforcé leur présence. L’intérêt de Zijin Mining pour la mine de Tongon en Côte d’Ivoire illustre cette tendance à long terme.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte de concurrence accrue pour l’accès aux ressources, en particulier dans un environnement mondial marqué par les tensions géopolitiques et la transition énergétique.
ESG, communautés et pression internationale
Enfin, 2025 a vu monter en puissance les enjeux ESG, portés à la fois par les institutions internationales, les investisseurs et la société civile.
Les débats autour de l’impact social des mines, de la sécurité des travailleurs et de la transparence des revenus extractifs se sont imposés comme des critères structurants des décisions d’investissement, notamment lors des grands rendez-vous sectoriels internationaux.
À retenir : Bilan 2025
Renforcement des souverainetés minières dans plusieurs pays africains, avec des implications juridiques majeures.
L’or comme pilier de la performance financière, soutenu par des prix élevés et une demande mondiale robuste.
Recomposition géographique des investisseurs, marquée par la montée en puissance d’acteurs asiatiques et une pression accrue sur les standards ESG.
Ils en parlent:
Reuters – Africa Mining 2025 Round-up
https://www.reuters.com/world/africaWorld Gold Council – Gold Demand Trends 2025
https://www.gold.orgITIE – Rapport Afrique 2025
https://eiti.org
Afrique minière, publication du 15 décembre 2025 — Temps de lecture : 4 minutes
Nous contacter
Newsletter
afriqueminiere@miihash.com
© 2025. All rights reserved.
