Rio Tinto et Glencore : une mégafusion minière à l’épreuve du marché

Afrique minière

1/9/20263 min read

Des discussions préliminaires entre deux des plus grands groupes miniers mondiaux, Rio Tinto et Glencore, ont été relancées début janvier, ravivant l’idée d’une fusion pouvant créer la plus importante société minière de l’histoire en termes de valorisation combinée. Si aucun terme définitif n’a encore été arrêté, le projet illustre une tendance profonde de consolidation dans le secteur, portée par la montée en puissance des métaux dits « critiques », notamment le cuivre.

Une relance après un premier échec

Un an après des discussions infructueuses en 2024, les dirigeants de Rio Tinto et Glencore ont confirmé des pourparlers « préliminaires » pour envisager une combinaison de leurs activités. Selon les informations communiquées par les entreprises, la transaction envisagée pourrait se faire principalement sous la forme d’un rachat de Glencore par Rio Tinto via un schéma d’arrangement homologué par un tribunal, ou une fusion d’ensemble.

Si l’opération se concrétisait, elle formerait un groupe dont la valeur boursière cumulée dépasserait 200 milliards de dollars, surpassant la capitalisation actuelle de plusieurs mastodontes du secteur. Cette relance intervient dans un contexte où les prix du cuivre connaissent une forte dynamique haussière, alimentée par une demande croissante liée à la transition énergétique et aux technologies numériques.

Faits établis : incertitudes et marchés réactifs

Les entreprises ont été prudentes dans leurs déclarations : les discussions sont qualifiées de « préliminaires » et rien n’indique qu’une offre définitive sera formalisée avant la date limite imposée par le code britannique des prises de contrôle (UK Takeover Code), fixée au 5 février 2026 pour une annonce de projet ferme ou un retrait.

Sur les marchés, l’annonce a eu des effets divergents : les actions Glencore ont progressé, tandis que celles de Rio Tinto ont enregistré une baisse, reflétant l’incertitude sur l’évaluation et l’intégration potentielle des actifs, notamment ceux liés au charbon, que Rio Tinto a historiquement évité suite à sa sortie de cette division en 2018.

Consolidation, cuivre et défis réglementaires

La possible union entre Rio Tinto et Glencore s’inscrit dans une vague plus large de consolidation du secteur minier. Après des années de prudence des dirigeants à l’égard des acquisitions massives — notamment à la suite d’accords coûteux pour les actionnaires — les pressions exercées par la demande accrue de métaux essentiels (cuivre, cobalt, lithium) remettent la stratégie de croissance externe au centre des débats sectoriels.

Le cuivre, en particulier, est au cœur de cette dynamique : sa valeur est considérée comme stratégique pour les technologies de l’énergie propre, les infrastructures électriques et les véhicules électriques, ce qui incite les grands groupes à rechercher des positions dominantes sur les réserves mondiales.

Cependant, des défis réglementaires et antitrust sont anticipés, notamment en Chine et dans d’autres juridictions clés, en raison de la taille et de l’impact potentiels d’un tel regroupement. De plus, l’intégration de portefeuilles d’actifs complexes — mixant métaux essentiels et divisions moins stratégiques — restera une question centrale pour les investisseurs et les autorités de la concurrence.

À retenir

  • Rio Tinto et Glencore ont relancé des discussions préliminaires pour une fusion potentielle qui pourrait créer la plus grande société minière au monde.

  • Aucune offre ferme n’a encore été déposée : la décision doit intervenir avant le 5 février 2026 selon le code britannique des prises de contrôle.

  • Le projet illustre un mouvement de consolidation sectorielle, porté par la demande pour le cuivre et autres métaux essentiels, mais il reste confronté à des incertitudes réglementaires et d’intégration.

Ils en parlent:

Reuters — Rio Tinto in talks to buy Glencore to form world’s biggest miner

https://tr.ee/09P4Z7

The Guardian — Mining firms Rio Tinto and Glencore restart $260bn merger talks

https://tr.ee/A3Ligc

Agefi — La tentation du gigantisme saisit à nouveau l’industrie minière

https://tr.ee/ChH0K0

Rédigé le 09 janvier 2026 — Temps de lecture estimé : 3 à 4 minutes