RDC : le gouvernement renforce le contrôle sur l’exportation du cobalt

Afrique minière

9/18/20252 min read

En septembre 2025, les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) ont annoncé une nouvelle série de mesures visant à resserrer le contrôle sur l’exportation du cobalt, métal stratégique dont le pays assure plus de 70 % de la production mondiale. Cette décision s’inscrit dans une politique plus large de souveraineté sur les ressources minières, dans un contexte de forte demande internationale liée à la transition énergétique.

Un encadrement renforcé des flux de cobalt

Selon une dépêche de Reuters publiée le 17 septembre 2025, le gouvernement congolais, par l’intermédiaire de l’Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques (ARECOMS), a annoncé un renforcement des mécanismes de supervision des exportations de cobalt. Les mesures incluent un suivi plus strict des volumes exportés, une révision des autorisations délivrées aux opérateurs et un contrôle accru des stocks.

Cette initiative fait suite aux discussions engagées depuis 2023 sur la volatilité des prix du cobalt et la nécessité, pour Kinshasa, de mieux capter la valeur générée par cette ressource clé. Les autorités congolaises ont souligné que l’objectif n’était pas d’interrompre les exportations, mais d’assurer une meilleure traçabilité et une plus grande transparence des flux commerciaux.

Un contexte de marché sous tension

Le cobalt reste un composant essentiel des batteries lithium-ion, utilisées dans les véhicules électriques et le stockage d’énergie. Or, en 2025, le marché est marqué par une surabondance temporaire de l’offre et une pression à la baisse sur les prix, conséquence de l’augmentation rapide de la production congolaise ces dernières années.

Dans ce contexte, la RDC cherche à éviter une dévalorisation durable du cobalt, tout en répondant aux attentes des investisseurs internationaux, notamment asiatiques et européens. Plusieurs acteurs du secteur ont indiqué que ces nouvelles règles pourraient entraîner des ajustements logistiques à court terme, sans remettre en cause la place centrale du pays dans la chaîne d’approvisionnement mondiale.

Lecture stratégique et enjeux régionaux

Cette décision illustre une tendance observée dans plusieurs pays africains riches en ressources minières : la volonté de passer d’un rôle de simple exportateur de matières premières à celui d’acteur plus influent dans la chaîne de valeur. En RDC, cette stratégie soulève toutefois des enjeux importants :

  • Attractivité pour les investisseurs : un encadrement trop strict pourrait freiner certains projets, tandis qu’une régulation claire et prévisible pourrait au contraire rassurer les opérateurs.

  • Gouvernance et transparence : la réussite du dispositif dépendra de la capacité des autorités à appliquer les règles de manière cohérente et non discriminatoire.

  • Impact régional et international : toute modification des flux de cobalt congolais a des répercussions directes sur les industries mondiales des batteries et de l’automobile électrique.

À retenir

  • La RDC a annoncé en septembre 2025 un renforcement du contrôle des exportations de cobalt, métal stratégique pour la transition énergétique.

  • Les autorités visent une meilleure traçabilité et une stabilisation du marché, sans suspendre les exportations.

  • Cette politique s’inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté minière, avec des implications majeures pour les investisseurs internationaux.

Ils en parlent:

Reuters — Congo tightens oversight of cobalt exports amid market volatility, 17 septembre 2025
👉
https://www.reuters.com/world/africa/congo-tightens-oversight-cobalt-exports-2025-09-17/

Rédigé le 18 septembre 2025 — Temps de lecture : 3 min