RDC cherche à diversifier ses investisseurs miniers face à la dominance chinoise

1/14/20252 min read

Alors que la République démocratique du Congo (RDC) demeure le principal producteur mondial de cobalt et un acteur majeur du cuivre, Kinshasa a engagé en janvier 2025 une stratégie destinée à attirer de nouveaux investisseurs internationaux, notamment d’Arabie saoudite, pour réduire sa dépendance vis-à-dépendance vis-à-vis des entreprises chinoises dominantes dans son secteur minier. L’initiative a été portée lors du Future Minerals Forum organisé à Riyad en janvier 2025, reflétant une volonté de diversification des partenariats commerciaux dans un contexte de concurrence géopolitique.

Un tournant stratégique face à la dépendance chinoise

Le 14 janvier 2025, la RDC a publiquement manifesté sa volonté d’élargir le profil de ses partenaires miniers, notamment en courtisant des investisseurs saoudiens, européens et indiens pour des projets d’extraction et de valorisation du cobalt, du cuivre et d’autres minerais critiques. Cette démarche vise à atténuer les risques économiques associés à la prédominance des entreprises chinoises, qui représentent actuellement environ 80 % des investissements dans les mines du pays, selon un haut responsable du ministère des Mines cité par l’agence Reuters.

Le gouvernement congolais a mis en avant cette diversification comme une réponse à plusieurs défis structurels : le besoin de renforcer les revenus publics, d’améliorer la transparence des partenariats miniers, et de s’aligner sur les attentes internationales en matière d’investissements responsables et durables. En outre, l’initiative cherche à optimiser la chaîne de valeur locale, en allant au-delà de l’exportation de matières premières pour intégrer davantage de transformation industrielle sur le territoire congolais.

Enjeux économiques et géopolitiques

Cette stratégie intervient alors que la RDC, riche de près de 70 % de la production mondiale de cobalt, se trouve au cœur des chaînes d’approvisionnement des industries des batteries électriques, de l’électronique et des technologies propres. La domination chinoise, principalement via des acteurs comme CMOC Group, a accru la vulnérabilité de l’économie congolaise face à des risques géopolitiques ou des variations de flux d’investissement.

L’ouverture aux investisseurs saoudiens et européens s’inscrit aussi dans une compétition internationale plus large pour sécuriser l’accès aux ressources critiques. En attirant des capitaux diversifiés, la RDC espère non seulement équilibrer les rapports de force commerciaux, mais aussi stimuler l’investissement technologique et logistique dans des secteurs connexes (infrastructures, transformation locale, énergie).

Cependant, cette ambition soulève des défis juridiques et réglementaires, notamment en matière de cadre contractuel, d’attribution des concessions et d’assurance de conformité aux normes ESG (environnementales, sociales et de gouvernance). Une diversification réussie nécessitera une gouvernance renforcée pour éviter des déséquilibres semblables à ceux observés avec des partenaires historiques.

À retenir

  • La RDC a annoncé en janvier 2025 une stratégie pour attirer des investisseurs miniers saoudiens, européens et indiens, dans le but de réduire sa dépendance aux acteurs chinois.

  • Cette initiative s’inscrit dans une volonté de diversification économique et géopolitique, répondant aux risques d’une trop forte concentration des investissements.

  • Le succès de cette stratégie dépendra de la capacité du pays à adapter son cadre juridique et réglementaire pour intégrer de nouveaux partenaires tout en respectant les standards ESG.

Ils en parlent:

Reuters – Congo courts Saudi mining investors to help curb China dominance, 14 janvier 2025
https://www.reuters.com/world/africa/congo-courts-saudi-mining-investors-help-curb-china-dominance-2025-01-14/

TradingView (source Reuters relayée) – Le Congo fait appel à des investisseurs saoudiens …, 14 janvier 2025
https://fr.tradingview.com/news/reuters.com%2C2025%3Anewsml_L8N3OA1AP%3A0/

Rédigé le 14 janvier 2025 — Temps de lecture : 3 min