Niger : Notification officielle du retrait du permis d’uranium « Imouraren » à Orano

Afrique minière

3/18/20262 min read

Le gouvernement de la République du Niger a franchi une étape décisive dans la restructuration de son patrimoine minier. Par un décret daté du 12 mars 2026 et notifié officiellement à l'opérateur le 14 mars, les autorités nigériennes ont acté le retrait du permis d'exploitation du gisement d'uranium d'Imouraren, détenu par le groupe industriel français Orano (ex-Areva).

Constat de non-mise en exploitation

La décision de Niamey s'appuie sur les dispositions du Code minier nigérien relatives au maintien de la validité des titres. Selon le communiqué du ministère des Mines, le retrait est motivé par l'absence de mise en production effective du site dans les délais prescrits par les dernières conventions. Le gisement d'Imouraren, considéré comme l'un des plus importants au monde avec des réserves estimées à près de 200 000 tonnes, était en sommeil depuis 2014, l'opérateur invoquant alors des conditions de marché (prix de l'uranium) défavorables. Les autorités actuelles estiment désormais que le gel prolongé de cette ressource constitue un manque à gagner inacceptable pour l'économie nationale.

Réintégration du gisement dans le domaine public

Avec cette notification, le gisement d'Imouraren réintègre immédiatement le domaine public de l'État. La SOPAMIN (Société du Patrimoine Minier du Niger) a été mandatée pour assurer la sécurisation du périmètre et la reprise des données techniques existantes. Bien qu'Orano ait exprimé, dans un communiqué de presse, ses "regrets" et souligné ses récents efforts pour proposer un nouveau plan de développement (méthode de lixiviation in situ), le gouvernement a maintenu sa position, invoquant la souveraineté nationale sur les ressources extractives.

Perspectives de réattribution

Le retrait de ce permis ouvre la voie à une nouvelle procédure d'appel d'offres ou à une attribution de gré à gré à de nouveaux partenaires. Dans le prolongement de la stratégie de diversification analysée précédemment, des délégations techniques russes et chinoises ont déjà manifesté leur intérêt pour la reprise de ce gisement stratégique. Pour Niamey, l'enjeu est désormais de trouver un opérateur capable de garantir un calendrier de mise en exploitation rapide, afin de compenser l'épuisement progressif des mines historiques de l'Aïr.

À retenir

  • Retrait officiel du permis d'Imouraren pour "non-mise en exploitation".

  • Le gisement (200 000 tonnes d'uranium) revient sous le contrôle direct de l'État.

  • Notification transmise à Orano après l'expiration des derniers délais de mise en demeure.

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Date de publication : 17 mars 2026

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