Mali restreint l’exploitation aurifère artisanale après des accidents mortels

Afrique minière

3/7/20252 min read

Le gouvernement malien a annoncé début mars une suspension de l’octroi de permis d’exploitation aurifère artisanale aux opérateurs étrangers, à la suite de plusieurs accidents mortels survenus dans des sites miniers informels. Cette décision marque un nouveau durcissement de la politique minière du pays, confronté à la fois à des enjeux de sécurité humaine, de contrôle de l’activité artisanale et de souveraineté sur ses ressources aurifères.

Une décision prise après une série d’accidents

Le 5 mars 2025, les autorités maliennes ont confirmé la suspension immédiate des permis artisanaux délivrés à des exploitants étrangers, après l’effondrement de plusieurs puits ayant causé la mort de dizaines de mineurs, notamment dans le sud du pays. Selon le ministère des Mines, ces accidents sont liés à des pratiques d’extraction non sécurisées, souvent opérées en dehors de tout cadre réglementaire strict.

L’exploitation aurifère artisanale emploie plusieurs centaines de milliers de personnes au Mali. Elle constitue une source essentielle de revenus pour les populations rurales, mais elle reste largement marquée par l’informalité, l’absence de normes de sécurité et la difficulté pour l’État d’exercer un contrôle effectif sur les sites.

Reprise en main d’un secteur à hauts risques

Les autorités expliquent que la suspension vise à assainir le secteur, à renforcer la sécurité des travailleurs et à limiter l’implication d’opérateurs étrangers jugés difficiles à encadrer dans le cadre légal existant. Les permis nationaux ne sont pas concernés à ce stade, mais un audit plus large des pratiques artisanales est en cours.

Cette décision s’inscrit dans une tendance régionale plus large, observée en Afrique de l’Ouest, où plusieurs États cherchent à mieux structurer l’orpaillage, à lutter contre la contrebande et à récupérer une part plus importante des recettes fiscales issues de l’or, dont les prix restent élevés sur les marchés internationaux.

Enjeux économiques, sociaux et juridiques

Sur le plan économique, l’or représente l’un des principaux produits d’exportation du Mali. Toute restriction affectant la production artisanale peut avoir un impact sur les volumes exportés à court terme, mais les autorités misent sur une meilleure formalisation pour stabiliser les recettes à moyen terme.

Socialement, la mesure pose la question de la reconversion et de la protection des mineurs artisanaux, souvent exposés à des conditions de travail dangereuses. Juridiquement, elle renforce le rôle de l’État dans la régulation d’un secteur longtemps laissé à la marge, dans un cadre conforme au droit minier national et aux principes OHADA applicables aux activités économiques.

À retenir

  • Le Mali a suspendu en mars 2025 les permis d’orpaillage artisanal délivrés à des étrangers après plusieurs accidents mortels.

  • La décision vise à renforcer la sécurité et le contrôle de l’exploitation aurifère artisanale.

  • Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de reprise en main du secteur minier informel en Afrique de l’Ouest.

Ils en parlent:

Reuters : Mali suspends artisanal mine permits for foreigners after deadly accidents, 5 mars 2025
https://www.reuters.com/world/africa/mali-suspends-artisanal-mine-permits-foreigners-after-accidents-2025-03-05/

Africanews : Mali: after deadly mine accidents, government tightens controls on gold panning, mars 2025
https://www.africanews.com/2025/03/06/mali-after-deadly-mine-accidents-government-tightens-controls-on-gold-panning/

Rédigé le 7 mars 2025, Temps de lecture : 3 minutes