Le Togo suspend temporairement les permis miniers pour revoir sa stratégie

Afrique minière

5/28/20252 min read

Le gouvernement togolais a annoncé, fin mai 2025, la suspension temporaire de la délivrance de nouveaux permis miniers sur l’ensemble du territoire national. Cette décision, présentée comme transitoire, s’inscrit dans une volonté affichée des autorités de reprendre la main sur la gouvernance du secteur extractif, dans un contexte régional marqué par une remise en question croissante des cadres miniers hérités des décennies précédentes.

Une décision administrative à portée stratégique

Selon les autorités togolaises, la suspension vise à permettre une réévaluation globale du cadre juridique et institutionnel du secteur minier. Le ministère en charge des Mines a indiqué que cette pause administrative devait faciliter la mise à jour des textes existants, l’amélioration des mécanismes de contrôle et une meilleure prise en compte des impacts environnementaux et sociaux liés aux activités extractives.

Les permis déjà accordés ne sont pas remis en cause à ce stade, et les opérations en cours peuvent se poursuivre conformément aux autorisations existantes. La mesure concerne exclusivement l’instruction et l’octroi de nouveaux titres miniers, notamment dans les segments des carrières, des matériaux de construction et des substances minérales encore peu exploitées.

Un contexte régional de reprise de contrôle des ressources

La décision togolaise intervient dans un environnement ouest-africain marqué par une réaffirmation de la souveraineté économique sur les ressources naturelles. Plusieurs États de la région ont engagé, depuis 2023, des réformes de leurs codes miniers afin d’augmenter les retombées locales, de renforcer la fiscalité extractive et d’améliorer la conformité environnementale.

Au Togo, les autorités mettent en avant la nécessité de mieux aligner l’exploitation minière avec les priorités nationales de développement, notamment en matière d’emploi local, de transformation sur place des ressources et de protection des écosystèmes. Cette orientation s’inscrit également dans une dynamique politique régionale où les enjeux de gouvernance des ressources occupent une place centrale dans le débat public.

Enjeux juridiques, économiques et environnementaux

Sur le plan juridique, la suspension des permis pourrait ouvrir la voie à une révision du code minier togolais, afin de clarifier les conditions d’accès aux titres, les obligations des opérateurs et les mécanismes de suivi de l’État. Pour les investisseurs, cette décision crée une période d’incertitude réglementaire, mais pourrait aussi déboucher, à moyen terme, sur un cadre plus lisible et stabilisé.

Sur le plan environnemental, les autorités soulignent la nécessité de renforcer les études d’impact et les obligations de réhabilitation des sites miniers, dans un pays où l’exploitation artisanale et semi-industrielle a parfois suscité des préoccupations locales.

À retenir

  • Le Togo a suspendu temporairement l’octroi de nouveaux permis miniers afin de revoir la gouvernance du secteur.

  • La mesure vise une révision du cadre juridique, environnemental et économique de l’exploitation minière.

Ils en parlent:

Afrique-sur7 — Le Togo suspend temporairement les permis miniers, mai 2025
https://www.afrique-sur7.fr/le-togo-suspend-temporairement-les-permis-miniers

Togo First — Togo stops issuing mining permits temporarily, 28 mai 2025
https://www.togofirst.com/en/mining/2805-16442-togo-stops-issuing-mining-permits-temporarily

Rédigé le 28 mai 2025 — Temps de lecture : 3 minutes