Cuivre : une ressource stratégique sous pression structurelle

Afrique minière

1/12/20262 min read

Alors que la transition énergétique mondiale s’accélère, le cuivre s’impose comme l’un des métaux les plus stratégiques de la décennie. En Afrique, continent qui concentre une part significative des réserves mondiales, la question n’est plus seulement celle de l’extraction, mais de la capacité des États producteurs à transformer cette richesse géologique en levier économique durable, dans un contexte de tensions logistiques, réglementaires et géopolitiques.

Mise en perspective : une demande mondiale en mutation

Selon les projections de la Banque mondiale et de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande mondiale de cuivre pourrait augmenter de plus de 40 % d’ici 2035, portée par les réseaux électriques, les véhicules électriques et les infrastructures de stockage d’énergie. L’Afrique centrale et australe, notamment la RDC et la Zambie, occupe une position clé dans cette équation, avec des gisements parmi les plus riches au monde.

Cette centralité s’accompagne toutefois d’une exposition accrue aux cycles de prix, aux exigences ESG et à la concurrence entre juridictions minières pour capter les investissements.

Production concentrée, chaînes fragiles

Les données publiques montrent que la production africaine de cuivre reste fortement concentrée géographiquement. La RDC représente à elle seule une part majeure de l’offre continentale, tandis que la Zambie demeure un acteur historique, engagé dans une modernisation progressive de ses infrastructures minières.

Dans le même temps, plusieurs rapports institutionnels soulignent la fragilité des chaînes de valeur : dépendance aux corridors logistiques transfrontaliers, insuffisance des capacités locales de transformation et exposition aux décisions réglementaires rapides. Ces facteurs influencent directement les coûts d’exploitation et la compétitivité des projets.

Souveraineté, transformation et arbitrages

Face à ces constats, de nombreux États africains cherchent à repenser leur stratégie cuprifère. Les débats portent notamment sur :

  • l’augmentation de la valeur ajoutée locale (raffinage, câblage, semi-produits),

  • la sécurisation des flux logistiques,

  • l’équilibre entre attractivité pour les investisseurs et affirmation de la souveraineté sur les ressources.

Pour les opérateurs, cette évolution implique une adaptation des modèles économiques, intégrant davantage les risques réglementaires et les attentes sociales. Pour les gouvernements, l’enjeu est de traduire la rente minière en développement industriel sans décourager l’investissement à long terme.

À retenir

  • Le cuivre africain est au cœur de la transition énergétique mondiale.

  • La production reste concentrée et dépendante de chaînes logistiques vulnérables.

  • Les États africains arbitrent entre souveraineté, transformation locale et attractivité minière.

Ils en parlent

Banque mondiale — Minerals for Climate Action: The Mineral Intensity of the Clean Energy Transition

https://www.worldbank.org/en/topic/extractiveindustries/publication/minerals-for-climate-action

Agence internationale de l’énergie (AIE) — The Role of Critical Minerals in Clean Energy Transitions

https://www.iea.org/reports/the-role-of-critical-minerals-in-clean-energy-transitions

Rédacteur : Afrique minière — Rédigé le 12 janvier 2026

Temps de lecture — 3 à 4 minutes