Bilan 2024 du secteur minier africain : une année de tensions et de recompositions
Afrique minière
1/4/20252 min read


L’année 2024 aura constitué un tournant pour le secteur minier africain. Dans un environnement international marqué par l’instabilité économique et géopolitique, l’industrie extractive du continent a dû composer avec des marchés plus volatils, une pression réglementaire accrue et une affirmation plus nette des stratégies de souveraineté des États.
Malgré ces contraintes, le secteur est demeuré un pilier essentiel des économies africaines, tant en matière de recettes publiques que d’exportations et d’investissements étrangers.
Un secteur porté par l’or, fragilisé ailleurs
Sur le plan des productions, l’or s’est imposé comme le principal facteur de résilience du secteur en 2024. Dans un contexte de tensions internationales et d’incertitudes financières, le métal jaune a pleinement joué son rôle de valeur refuge, soutenant les recettes des pays producteurs, notamment en Afrique de l’Ouest.
À l’inverse, les métaux dits de transition — cobalt, cuivre, lithium — ont connu une trajectoire plus contrastée. Après plusieurs années de forte attractivité, 2024 a été marquée par des ajustements de marché, liés à la surproduction, à la baisse des prix et à un regain de prudence des investisseurs internationaux.
Réformes minières et reprise en main étatique
L’année 2024 a également été marquée par une intensification des initiatives publiques visant à renforcer le contrôle étatique sur les ressources minières. Plusieurs pays africains ont engagé ou poursuivi des révisions de leurs cadres juridiques, procédé à des audits de permis miniers ou engagé des renégociations contractuelles.
Ces démarches, présentées comme nécessaires pour améliorer la captation de la rente minière et renforcer la gouvernance du secteur, ont parfois suscité des inquiétudes chez les opérateurs, confrontés à une visibilité réglementaire réduite à court terme.
Pressions ESG et acceptabilité sociale accrues
Les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance ont pris une place centrale dans les décisions publiques et privées en 2024. Les projets miniers ont été soumis à des exigences accrues en matière d’impact environnemental, de consultation des communautés locales et de transparence des pratiques.
Cette évolution, portée à la fois par les autorités nationales, les bailleurs internationaux et les marchés financiers, a renforcé le rôle des critères ESG comme condition d’accès au financement et de pérennité des opérations.
Une année révélatrice des fragilités structurelles
Au-delà des chiffres, 2024 a mis en évidence plusieurs fragilités structurelles du secteur minier africain : dépendance aux cycles des matières premières, capacités limitées de transformation locale, et tensions persistantes entre objectifs de souveraineté et attractivité de l’investissement.
Ces éléments constituent désormais des points de référence incontournables pour analyser les trajectoires engagées en 2025 et les arbitrages attendus en 2026.
À retenir
L’or a joué un rôle stabilisateur majeur pour le secteur minier africain en 2024.
Les réformes minières se sont accélérées, renforçant le rôle des États mais pesant sur la visibilité des investisseurs.
Les exigences ESG sont devenues structurantes, conditionnant l’accès au financement et l’acceptabilité des projets.
Rédigé le 3 janvier 2026 — Temps de lecture estimé : 4 minutes
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