Afrique de l’Ouest : les États resserrent le contrôle sur les permis miniers

Afrique minière

10/18/20252 min read

À l’automne 2025, plusieurs États d’Afrique de l’Ouest ont engagé ou accéléré des revues administratives de permis miniers, traduisant une volonté croissante de renégocier les équilibres entre investisseurs privés et intérêts publics. Du Mali au Burkina Faso, en passant par le Niger et la Guinée, ces initiatives s’inscrivent dans un mouvement plus large de réaffirmation de la souveraineté minière, dans un contexte de prix élevés des matières premières et de pression budgétaire accrue.

Une vague de réexamens administratifs

En octobre 2025, les autorités de plusieurs pays producteurs ont confirmé la mise en place de commissions de réévaluation des titres miniers, ciblant aussi bien des permis d’exploration inactifs que des conventions d’exploitation jugées défavorables aux États.
Selon des informations relayées par Reuters, ces démarches visent à identifier des projets insuffisamment développés, des obligations sociales non respectées ou des écarts fiscaux persistants. Les gouvernements concernés affirment vouloir optimiser les recettes publiques issues du secteur extractif, sans remettre officiellement en cause les cadres légaux existants.

Dans certains cas, ces audits ont conduit à des suspensions temporaires de permis, le temps pour les opérateurs de fournir des justificatifs techniques ou financiers.

Aucune nationalisation formelle n’a été annoncée, mais le signal adressé aux investisseurs est clair : l’inaction ou le non-respect des engagements contractuels expose désormais à des sanctions plus rapides.

Une dynamique régionale assumée

Cette évolution n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans la continuité des réformes des codes miniers adoptées ces dernières années, notamment au Mali et au Burkina Faso, qui ont renforcé les parts de l’État et accru les exigences en matière de contenu local et de transparence.
Toujours selon Reuters, plusieurs responsables gouvernementaux estiment que les cycles haussiers des métaux , or, cuivre, lithium , justifient une relecture des accords signés à des périodes moins favorables.

La Guinée, fortement engagée dans le développement de ses ressources en bauxite et en fer, a également rappelé en octobre 2025 son intention de conditionner le maintien de certains permis à des avancées industrielles concrètes, notamment en matière de transformation locale.

Enjeux pour les investisseurs et les États

Pour les sociétés minières internationales, ces évolutions renforcent l’importance :

  • d’une exécution rapide des projets après l’obtention des permis,

  • d’un dialogue institutionnel permanent avec les autorités,

  • et d’une traçabilité accrue des engagements ESG.

Du point de vue des États, la stratégie vise à maximiser les retombées économiques tout en répondant aux attentes sociales dans des contextes politiques parfois fragiles. Le défi reste d’éviter une perception d’instabilité réglementaire susceptible de freiner les nouveaux investissements.

À retenir

  • Plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest ont engagé en octobre 2025 des revues de permis miniers existants.

  • Ces démarches s’inscrivent dans une logique de souveraineté économique et de hausse des recettes publiques.

  • Les investisseurs sont appelés à démontrer plus clairement la mise en œuvre effective de leurs engagements techniques et sociaux.

Ils en parlent:

  1. Reuters — West African states tighten oversight of mining permits amid revenue push, octobre 2025
    https://www.reuters.com/world/africa/

  2. Reuters — African governments seek greater returns from mining sector, octobre 2025
    https://www.reuters.com/world/africa/

Rédigé le 18 octobre 2025 — Temps de lecture : 3 minutes